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  • Divers
  • 01/05/2020

Travailler en Afrique : ce qu’il faut pour réussir

1. LA VOLONTE DE TRAVAILLER EN AFRIQUE

Pour pouvoir travailler en Afrique, je suis d’avis qu’il faut d’abord aimer l’Afrique ou en tous cas, avoir envie de s’y établir.
Cependant, aller travailler en Afrique n’est pas une décision si simple à prendre, même pour des personnes d’origine africaine.
On peut être né en Afrique et y avoir grandi jusqu’à un certain âge, mais quand on a passé ensuite près de 20 ans en Europe, il n’est plus si évident de s’y retrouver dans un environnement qui nous est totalement inconnu. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on s’installe dans un pays qui n’est pas notre pays d’origine et où l’on ne connaît pratiquement personne.
Même quand la volonté théorique y est, certains membres de la diaspora cherchent des opportunités pour rentrer en Afrique. Ça leur prend parfois plusieurs années pour se décider à sauter le pas ou pour sécuriser un emploi dans un pays africain.
Pour ma part, l’idée était dans ma tête depuis un moment mais je n’avais encore rien prévu de concret pour un éventuel retour en terre africaine. Je dirais plutôt que c’est le hasard (ou le destin) si je me suis retrouvée au Gabon où je suis basée depuis maintenant près de 6 ans.

2. EDUCATION & DIPLOMES

Étant née en République centrafricaine et y ayant grandi jusqu’à l’âge de mes 9 ans - pratiquement 10 -, j’y ai fait mes maternelles et une grande partie du primaire au Lycée Charles de Gaulle à Bangui.
En 1994, ma famille a décidé de partir pour l’Europe à cause de la situation sécuritaire qui prévalait en RCA et était assez critique. Nous nous sommes installés en Belgique.
J’ai passé 13 ans en Belgique. J’y ai fait toutes mes études secondaires et ai terminé mon parcours universitaire avec une Licence en droit (5 ans d’études au total – différente de la Licence du programme français), orientation droit privé.
Ensuite, j’ai décidé d’aller perfectionner mon anglais à Londres, en Angleterre. Nous étions en 2007. J’avais alors 22 ans et l’aventure ne me faisait pas peur car je quittais certes ma famille mais je n’allais pas si loin, n’ayant qu’à prendre un train (l’Eurostar) pendant environ 2 heures pour traverser le Tunnel sous la Manche. Toujours basée en Europe, j’avais la possibilité de facilement aller et venir pour voir ma famille. Mon esprit était donc relativement tranquille.
Je devais, au départ, passer une année à Londres mais au final j’y suis restée pendant 7 ans, ce qui m’a vraiment permis de maîtriser la langue de Shakespeare.
Pendant ces années passées à Londres, j’ai d’abord fait un Master en Relations Internationales, n’étant pas si sûre d’avoir envie de travailler dans le domaine juridique, aussi étonnant que cela puisse paraître. En 2008, j’ai été retenue pour effectuer un stage au siège des Nations Unies, à New York, où j’ai séjourné pendant trois mois avec une amie dans un appartement que nous sous-louions à un couple d’américains. C’est l’époque où Barack Obama est arrivé au pouvoir aux USA.
Au terme du stage, j’ai finalement réalisé que je préférais le domaine du droit et à mon retour à Londres, après avoir finalisé mon Master en Relations Internationales, j’ai suivi un programme d’équivalence en droit anglais (droit anglo-saxon bien différent du droit napoléonien que j’avais étudié en Belgique), appelé le Graduate Diploma in Law (GDL). J’ai ensuite entamé le Legal Practice Course (LPC), qui était la voie à suivre pour accéder à la profession d’avocat.
Avec mon diplôme en main, j’ai envoyé plusieurs demandes pour devenir avocate stagiaire et j’ai passé quelques entretiens, mais sans jamais pouvoir acquérir un quelconque stage. La concurrence était vraiment rude et il faut croire que mon destin n’était pas en Angleterre.

3. L’EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

Malgré tout, mon expérience londonienne fut extrêmement enrichissante et je ne me suis jamais tournée les pouces. En effet, pendant toutes ces années passées à Londres, j’ai travaillé ; dans un premier temps à temps partiel et dans différents secteurs d’activités (industrie de la vente de textiles, marketing, cabinets d’avocats), car j’étais toujours aux études et je voulais quand même être, un minimum, indépendante financièrement, tout en faisant grandir mon expérience professionnelle.
Et au terme de mes études, j’ai continué à travailler dans des cabinets d’avocats, moyennant parfois un salaire qui ne correspondait pas à mes qualifications, et aussi dans le secteur privé.
En 2014, je vivais encore à Londres et occupais un poste de juriste d’entreprise intérimaire dans la filiale d’une société internationale qui est le premier fabricant mondial de fils industriels. J’étais principalement en charge de la tenue de leur base de données des contrats. J’avais accepté ce poste parce qu’il était relativement bien payé, malgré que mon lieu de travail se trouvait à 2 heures (aller simple, donc 4 heures aller-retour) de mon domicile.
Je savais que je n’allais pas rester à ce poste très longtemps car je n’étais pas particulièrement épanouie professionnellement. J’ai ainsi décidé de faire une spécialisation en Droit International des Affaires en cours à distance pour pouvoir continuer à travailler. Dans le passé, je n’avais jamais eu d’intérêt particulier pour cette branche du droit mais quelque chose me disait que c’est dans cette voie que je devais m’orienter pour m’ouvrir un horizon nouveau.
Et il faut croire que ce choix était vraiment pertinent, même si quand je l’ai fait, je ne le savais pas encore.
2014, c’est en effet l’année où mon destin a changé...
J’avais passé un court séjour au mois de mai à Libreville, au Gabon, peu après avoir débuté ma formation à distance en Droit International des Affaires. Au cours de ce séjour, on m’a proposé un poste de juriste dans un cabinet de conseil juridique et fiscal spécialisé en droit des affaires. Bien évidemment, j’ai accepté l’offre sur le champ, sans y réfléchir, et le 29 juin 2014, je prenais l’avion pour le Gabon. Deux jours plus tard, le 1er juillet 2014, je commençais mon nouvel emploi.
Les débuts furent assez difficiles. Dès le premier mois, je me demandais ce que j’étais venue faire en Afrique et comment j’allais faire pour m’adapter à mon nouveau mode de vie.
C’était le début de mon aventure africaine…

4. LES LANGUES

Je dois dire que si j’ai eu cette opportunité de travail, sans être spécialisée en Droit des affaires, c’est surtout parce que je disposais d’un atout particulier : je maitrisais l’anglais. Mon employeur souhaitait développer sa clientèle étrangère établie au Gabon et il avait donc besoin de renforcer son équipe avec une personne parfaitement bilingue anglais/français.
Je me rends compte aujourd’hui qu’à l’heure de la mondialisation et vu le nombre d’investisseurs étrangers présents en Afrique, il est important de maitriser la langue internationale des affaires par excellence. Cela ouvre bien des portes et est extrêmement utile pour communiquer avec les personnes ne parlant pas le français.
Et pourtant, j’ai pu constater que cette langue n’est que peu connue, même au niveau de la population jeune et des diplômés en droit que j’ai eus à rencontrer dans le cadre d’entretiens d’embauche que j’ai fait passer, ce qui ne les avantage pas lorsqu’ils postulent pour un emploi pour lequel la maitrise de l’anglais est requise.
A chaque occasion qui se présente, je fais comprendre aux jeunes qu’il est important, voire même indispensable, de parler anglais car nombreux sont ceux qui sont à la recherche d’un emploi et la maitrise de la langue permet de faire la différence et se distinguer des autres candidats.

5. L’OUVERTURE D’ESPRIT, L’ADAPTABILITE…. LE GOUT DU RISQUE ?

Je terminerai mon propos en disant que l’Afrique est une terre d’opportunités. Beaucoup reste encore à faire et au-delà du salariat, il est possible de se lancer dans l’entreprenariat.
Dans tous les cas, quel que soit le choix que l’on fait, il faut savoir s’adapter à un nouvel environnement, s’accrocher, même si les débuts peuvent être difficiles et ne pas avoir peur de saisir toute nouvelle opportunité qui s’offre à nous.
J’en suis à mon troisième emploi depuis que je me suis lancée dans le monde du travail en Afrique et je n’ai jamais regardé en arrière. Je connais beaucoup de personnes qui souhaiteraient changer d’emploi mais qui ne trouvent pas autre chose ou qui ne veulent pas sortir de leur zone de confort, ne sachant pas ce qui les attend devant. La peur de l’inconnu ou la crainte de se retrouver au chômage peut en freiner plus d’un.
Pour ma part, je suis de ceux qui n’ont pas peur de quitter un emploi sans en avoir trouvé un autre. Lorsque je n’évolue plus à un poste ou que je ne me sens pas à ma place, je suis prête à prendre des risques car je trouve cela stimulant et je crois en moi et en mes compétences. Je sais que quoi qu’il arrive, je retomberai toujours sur mes pieds mais l’essentiel pour moi est d’être épanouie dans mon travail.
A tous ceux qui aujourd’hui hésitent encore à rentrer en Afrique, je vous dirai : qui ne tente rien, n’a rien. Ignorez vos peurs, l’Afrique vous attend…
Et si vous avez un projet dont vous souhaiteriez discuter ou si vous désirez bénéficier d’un accompagnement, nous sommes à votre disposition. Vous pouvez nous écrire à contact@iwaniconseil.com.


C. TEYA,
Juriste basée au Gabon depuis 2014


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